
Les catalogues de jouets affluent dans les boîtes aux lettres, les gondoles des magasins sont remplies de produits festifs, les listes de cadeaux se préparent, les sapins décorés envahissent les réseaux sociaux, et les calendriers de l’avent sont enfin entamés. Aucun doute le compte à rebours vers les fêtes de fin d’année est lancé ! Festivités accompagnées de leurs lots de bons moments mais aussi de petits tracas pour les jeunes parents.
Comment faire quand tous les membres de la famille veulent partager les fêtes avec votre jeune enfant ? Faut-il faire croire son enfant au Père Noël ? Que faire si son enfant n’a pas la réaction attendue lors des festivités ? Voici trois questions fréquentes sur les fêtes de fin d’année avec un jeune enfant, et quelques pistes pour y répondre le plus sereinement possible.
Tous les membres de la famille veulent partager les fêtes avec mon jeune enfant, comment faire ?
Dans la tête de liste des tracas de fin d’année, la grande question comment s’organiser pour passer du temps avec tous les membres de la famille. Les fêtes de fin d’année sont généralement des moments privilégiés à partager en famille. C’est parfois l’occasion de retrouver des êtres chers que l’on voit peu. Ce sont aussi des dates clefs que l’on aimerait partager avec tous. Cependant les familles peuvent être composés de multiples membres.
En effet, avoir un enfant ajoute la casquette identitaire de parent, pour autant le nouveau parent reste lui-même l’enfant de ses parents, de plus en formant un couple parental, un autre adulte lui-même enfant de ses parents s’ajoute à ce système. En additionnant les fratries de chacun, les grands-parents voire les arrière-grands-parents, mais aussi les éventuelles et parfois diverses recompositions familiales, sans parler des ententes et mésententes entre les membres, des contraintes géographiques, professionnelles, etc. : il semble vertigineux de contenter tous ces êtres chers en cette période…
D’autant que comme vous avez un jeune enfant, tous veulent partager ces moments particuliers avec lui ! L’organisation de cette période festive devient donc un véritable casse-tête, ponctué de discussions, négociations, compromis, voire disputes et trahisons. Un scénario riche en rebondissements, digne des séries télé américaines !
Alors comment garder le cap pour passer de belles fêtes ? L’important est que les parents s’accordent ensemble sur les valeurs et les traditions qu’ils souhaitent transmettre à leur(s) jeune(s) enfant(s). Trouvez un moment calme à deux et dressez une liste des traditions qui vous tiennent respectivement à cœur : échangez ensemble, ajustez, négociez, créez… car fonder une famille c’est aussi inventer ses propres traditions.
L’objectif est qu’après ce temps d’échanges, vous ayez une trame conjointe solide qui vous permettra de répondre aux sollicitations de vos proches. En tant que parents, il n’appartient qu’à vous de décider si vous voulez que votre enfant ouvre ses cadeaux le soir du réveillon, le jour de Noël, les deux, ou bien 3 semaines après ; de choisir si vous souhaitez que votre enfant croie à un mythe en particulier ou non, si vous souhaitez qu’une personne en costume lui remette ses cadeaux en main propre ou non, etc.
Plus vous aurez une vision claire de ce que vous souhaitez partager avec votre enfant lors des fêtes, moins il y aura de place pour les non-dits, les malentendus, les maladresses ou les déceptions qui pourraient ternir les festivités. Vous serez ainsi force de propositions pour impliquer les proches à qui il tient à cœur de vivre des moments magiques avec votre enfant.
Faut-il faire croire mon jeune enfant au Père Noël ?
C’est LA grande question qui revient chaque année à cette époque. Tous les ans des parents me demandent mon avis de psychologue sur le fait de « faire croire les enfants au Père Noël ». Difficile de donner un point de vue professionnel tant les spécialistes de l’enfance sont partagés sur ce sujet… Globalement les arguments des pro-mythes tournent autour du développement de l’imaginaire, de la magie de l’enfance, etc. Du côté des « contres », ce sont les thèmes du mensonge, de la manipulation ou de la déception qui sont avancés.
Alors voilà ma réponse (largement spoilée par les conseils liés à la question précédente !) : peu importe leur choix l’essentiel est que les parents soient en accord sur ce qu’ils veulent transmettre à leur enfant. Si vous êtes 100% à l’aise avec les coutumes que vous mettez en place, il n’y aura rien de plus naturel pour enfant. Surtout ne cherchez pas à tout prix à adhérer aux grands concepts véhiculés par notre société si vous ne vous y retrouvez pas, car votre enfant ne trouvera pas son compte non plus dans des propos flottants et bancals. Quel que soit votre choix, il ne faut surtout pas culpabiliser s’il ne colle pas, ou pas totalement, avec les coutumes de la société. Il n’existe pas une norme unique et les fêtes de fin d’année sont différentes dans chaque famille : le principal est de passer de bons moments avec ses proches !
Mon seul conseil est d’être attentif à expliquer à votre enfant vos croyances, ainsi que les croyances des autres afin qu’ils puissent les comprendre et les respecter. Encore une bonne occasion d’aborder la différence au sens large et de mesurer la richesse de la diversité.
Que faire si mon enfant n’a pas la réaction attendue lors des festivités ?
Un autre aspect des fêtes redouté par les jeunes parents, les réactions « sans filtre » de leur(s) jeune(s) enfant(s). Contrairement aux adultes, les enfants n’ont pas encore intégré tous les codes sociaux, ni développé la théorie de l’esprit : c’est-à-dire la capacité de se mettre à la place de l’autre. Il est donc possible que tout ne se passe pas forcément comme prévu durant les festivités et notamment au moment de l’ouverture des cadeaux !
Du côté des plus jeunes, selon l’âge ou l’état d’excitation et/ou de fatigue de l’enfant : il se peut qu’il se lasse pendant le déballage de la montagne de cadeaux qui lui sont destinés, ou encore qu’il soit plus attiré par l’emballage du paquet que par son contenu…
Ces situations peuvent s’avérer gênantes devant les membres de la famille qui se sont affairés pour faire plaisir à votre enfant. Rassurez-les en expliquant que ces festivités sont encore nouvelles pour votre enfant, et qu’il est sûrement fatigué par tous ces visages, toute cette agitation, tous ces stimuli (décoration, cadeaux, voix, etc.). Après les fêtes, vous aurez tout le loisir d’envoyer à vos proches des photos de votre bambin en train de s’amuser avec leurs cadeaux.
Pour les plus grands, ce sont surtout les commentaires sur les cadeaux qui sont craints par les parents : « c’est nul », « je l’ai déjà », « c’est pour les bébés »… ou encore le fait de refuser de faire un bisou pour remercier untel ou untel. D’abord, malgré les croyances populaires, ces réactions ne font pas de votre petit, un enfant pourri gâté à l’attitude détestable. Comme évoqué en préambule, il faut de nombreuses années pour emmagasiner les codes sociaux et développer la capacité de se mettre à la place de l’autre et par conséquent à comprendre l’impact de ses actions sur une autre personne. N’hésitez pas à expliquer cela à vos proches, qui en tant qu’adultes sont sensés être capable de se mettre à la place de votre enfant. Quant à votre enfant, expliquer lui les émotions ressenties par chacun dans cette situation, vous contribuez ainsi au développement de ses compétences socio-émotionnelles.
Le jeune enfant n’est pas capable d’être aussi flexible que l’adulte pour s’adapter au déroulé des festivités habituelles. Durant les fêtes, comme au quotidien, ce sont les besoins de l’enfant qui doivent primer (besoin de repos, besoin de bouger, besoin de sécurité, besoin de stabilité, etc). Ce sont donc les adultes qui doivent adapter leur programme au jeune enfant.
En résumé :
- Accordez-vous un moment entre parents pour lister les valeurs et les traditions que vous souhaitez transmettre à votre enfant pour les fêtes.
- Adoptez des coutumes qui vous correspondent.
- Faites passer les besoins de votre jeune enfant en priorité.
- Conseil en plus : Pour stimuler le besoin de nouveauté de votre enfant, je vous conseille de stocker une partie de la montagne de jouets reçus à Noël et de changer régulièrement les jeux mis à sa disposition. Cela évitera qu’il ne se lasse, et vous constaterez qu’il passera plus de temps à explorer ce jouet qu’il n’a pas vu depuis quelques temps : car après quelques jours/semaines, il utilisera certainement l’objet d’une manière différente. En plus, cette astuce vous permettra d’avoir quelques (dizaines) de minutes pour vous durant lesquelles votre enfant sera bien occupé sans avoir besoin de vous solliciter.
- Passez de très bonnes fêtes !
