La première rentrée scolaire se prépare bien avant le jour J. Pour un jeune enfant, entrer à l’école signifie découvrir un nouvel environnement, rencontrer de nouvelles personnes, adopter un nouveau rythme et vivre des temps de séparation différents de ceux qu’il a connus jusque-là.
Quelques semaines avant la rentrée, il est possible de l’aider à se familiariser progressivement avec cette nouvelle étape et de préparer les différents changements qui l’attendent.
Comment parler de l’école à son enfant ? Comment l’aider à se familiariser avec les lieux ? Faut-il retourner à la crèche avant la rentrée ? Comment préparer le sommeil et le nouveau rythme ? Et surtout, comment accompagner la séparation le jour J ?
Voici quelques réponses aux questions que les parents peuvent se poser à l’approche d’une première rentrée en maternelle.
Comment parler de l’école à son enfant ?
Pour un jeune enfant, l’école est un environnement qu’il ne connaît pas encore. Lui en parler permet progressivement de rendre cette nouvelle expérience plus concrète. Vous pouvez lui expliquer simplement ce que l’on fait à l’école, qui sera présent et à quoi peut ressembler une journée : les activités, les temps de jeu, le repas, la sieste…
Les livres sont de bons supports pour préparer la rentrée (voir sélection ci-dessous). À travers les histoires, votre enfant peut découvrir des situations qui ressemblent à celles qu’il va vivre, observer les émotions des personnages et commencer à se représenter sa propre rentrée. La lecture peut également être l’occasion de discuter avec lui : que pense-t-il que le personnage ressent ? Qu’est-ce qu’il imagine pour sa propre rentrée ? A-t-il des questions ?
Vous pouvez aussi vous appuyer sur des enfants plus grands de votre entourage. Un grand frère, une grande sœur, un cousin, une cousine ou un enfant d’amis peut raconter ce qu’il fait à l’école et comment se déroule sa journée. Ces échanges permettent de rendre l’expérience plus concrète et peuvent répondre à certaines questions que votre enfant n’aurait pas pensé à poser.
Comment aider son enfant à se familiariser avec l’école ?
Lorsque cela est possible, visiter l’école avant la rentrée permet à votre enfant de commencer à construire des repères. Découvrir les lieux, la classe, la cour, le portail ou rencontrer les adultes présents permet de rendre cet environnement moins inconnu. Vous pouvez également prendre quelques photos lors de la visite et les regarder ensemble avant la rentrée, cela permet de réactiver le souvenir des lieux et des personnes rencontrées.
Même sans nouvelle visite, passer de temps en temps devant l’école ou faire ensemble le futur trajet peut être intéressant. Petit à petit, l’école devient alors un endroit que votre enfant connaît déjà un peu, plutôt qu’un lieu totalement nouveau qu’il découvrira le matin de la rentrée.
La préparation matérielle peut également permettre à votre enfant de prendre part à cette nouvelle étape. Selon ce que demande l’école, vous pouvez lui proposer de participer au choix de certaines affaires : son sac, son gobelet, ses chaussons, sa boîte à goûter ou encore une tenue pour le jour J. Ces objets choisis peuvent devenir des repères familiers dans un environnement qui, lui, sera nouveau.
Si l’école l’autorise, vous pouvez également lui expliquer qu’il pourra retrouver son doudou ou un petit objet familier au cours de la journée.
L’objectif n’est pas de multiplier les objets rassurants, mais de permettre à votre enfant de retrouver quelques éléments connus au milieu de nombreuses nouveautés.
Faut-il retourner à la crèche avant la rentrée ?
Après plusieurs semaines de vacances, certains parents se demandent s’il peut être utile de remettre leur enfant à la crèche quelques jours avant son entrée à l’école. Je ne le recommande pas. Après la fermeture estivale, le retour à la crèche demande un nouvel effort d’adaptation à l’enfant. Il doit retrouver ses repères après plusieurs semaines d’absence : les professionnels, les autres enfants, le rythme de la journée… Souvent, ces camarades de jeux favoris ne sont plus là, de nouveaux enfants sont arrivés ou l’organisation du lieu a changé.
Or, quelques jours plus tard, l’enfant doit à nouveau quitter cet environnement pour s’adapter à l’école. Cela lui demande alors de vivre deux périodes d’adaptation successives en très peu de temps.
Lorsque cela est possible, je conseille plutôt de considérer la fermeture estivale comme la fin de cette étape. La fête de fin d’année ou les derniers jours à la crèche peuvent constituer un moment pour dire au revoir à ce lieu et se préparer progressivement à la suite.
Le message est plus lisible : fin de la crèche, été/vacances, puis école. Les vacances permettent alors une véritable période de transition avant la découverte d’un nouvel environnement : l’école.
Qu’en est-il du centre de loisirs ?
La situation peut être différente pour le centre de loisirs.
S’il est prévu que votre enfant le fréquente régulièrement ensuite, et encore mieux s’il se situe dans sa future école, y passer quelques jours avant la rentrée peut lui permettre de découvrir progressivement les lieux et de se familiariser avec son futur environnement. Il peut ainsi retrouver un rythme collectif tout en commençant à créer des repères dans les lieux qu’il fréquentera à la rentrée.
Si le centre de loisirs est complètement différent de l’école et que votre enfant ne le connaît pas, il n’est en revanche pas nécessaire d’ajouter une nouvelle adaptation simplement pour préparer la rentrée.
Comment préparer progressivement le rythme de l’école ?
Pendant les vacances, les horaires de coucher et de lever se décalent souvent. À l’approche de la rentrée, il est donc utile de retrouver progressivement un rythme plus proche de celui des journées scolaires.
Plutôt que de modifier brutalement les horaires la veille de la rentrée, vous pouvez avancer petit à petit l’heure du coucher et du réveil dans les jours qui précèdent. L’objectif est surtout d’éviter que la fatigue ne vienne s’ajouter aux nombreuses nouveautés des premiers jours. Un sommeil suffisant contribue notamment à l’attention, à la régulation des émotions et aux capacités d’adaptation de l’enfant.
Comment renforcer le sentiment de sécurité de votre enfant avant la rentrée ?
La rentrée représente un changement important. Les dernières semaines de vacances peuvent aussi être l’occasion de profiter de moments de proximité avec votre enfant. Jeux, histoires, câlins, promenade, cuisine ensemble… Il n’est pas nécessaire d’organiser des activités particulières. Ce qui compte surtout, c’est de partager des moments où votre enfant peut retrouver votre disponibilité et votre attention.
Ces temps de proximité contribuent à renforcer le sentiment de sécurité sur lequel l’enfant pourra s’appuyer lorsqu’il devra faire face à cette nouvelle expérience et aux séparations qui l’accompagnent.
Comment accompagner la séparation le jour de la rentrée ?
Le grand jour est arrivé. Vous pouvez expliquer à votre enfant ce qui va se passer, lui rappeler qui viendra le chercher et lui donner un repère concret dans la journée : « Je vais t’accompagner dans la classe. Ensuite, je vais partir et tu vas rester avec ta maîtresse et les autres enfants. Je viendrai te chercher après le goûter. » Pour un jeune enfant, il est généralement plus parlant de se repérer grâce aux événements de la journée qu’avec une heure précise.
Lorsque le moment de partir est arrivé, une séparation claire et prévisible est généralement plus facile à comprendre pour l’enfant. Un câlin, un bisou, une phrase rituelle, puis le départ.
Si votre enfant pleure, vous pouvez accueillir son émotion sans chercher à la faire disparaître : « Je vois que tu es triste que je parte. Tu aurais aimé que je reste. Je vais quand même partir maintenant et je viendrai te chercher tout à l’heure. ». Accueillir l’émotion ne signifie pas supprimer la séparation. Pensez à préciser ce que vous ferez ensemble quand vous vous retrouverez, cela rendra la projection de l’enfant dans les retrouvailles plus concrète.
À l’inverse, multiplier les hésitations, les départs et les retours ou essayer de partir discrètement peut rendre la situation plus difficile à comprendre pour l’enfant. L’objectif n’est pas d’empêcher les pleurs, mais de lui montrer que la séparation a un début, une fin et que vous revenez comme prévu.
Voir son enfant pleurer au moment de partir peut être très difficile pour un parent. Pourtant, les pleurs au moment de la séparation ne permettent pas à eux seuls de savoir comment l’enfant va vivre toute sa journée.
Un enfant peut pleurer intensément lorsque son parent s’en va, puis retrouver progressivement son calme une fois la séparation passée. Il est donc primordial de distinguer la réaction à la séparation de la manière dont l’enfant vit ensuite sa journée. Les échanges avec l’enseignant ou les professionnels sont précieux pour savoir comment votre enfant évolue une fois que vous êtes parti : arrive-t-il à jouer ? À participer aux activités ? À manger ? À se reposer ? À entrer progressivement en relation avec les autres ? Ces éléments permettent de mieux comprendre son adaptation.
L’inverse peut également surprendre les parents. Certains enfants entrent dans la classe avec enthousiasme et semblent parfaitement à l’aise dès le premier jour. Cela ne signifie pas qu’ils n’éprouvent aucune émotion. Ils peuvent simplement vivre cette nouveauté avec curiosité ou avoir besoin de moins de temps pour trouver leurs repères.
D’autres enfants peuvent manifester leurs difficultés plus tard, après plusieurs jours ou semaines. Il n’existe donc pas de réaction « normale » ou attendue pour une première rentrée.
Comment accompagner son enfant après sa première journée d’école ?
Une journée d’école demande beaucoup d’énergie à un jeune enfant : il doit découvrir de nouveaux lieux, comprendre de nouvelles règles, rencontrer de nouvelles personnes et s’adapter à un nouveau rythme.
Il peut donc être particulièrement fatigué ou irritable en fin de journée, avoir davantage besoin de proximité ou, au contraire, ne pas avoir envie de raconter ce qu’il a vécu. Il n’est pas nécessaire de multiplier les questions dès les retrouvailles. Un goûter partagé, un jeu, une histoire, un câlin ou simplement un moment calme peuvent suffire. Après avoir passé la journée à découvrir un nouvel environnement, votre enfant va avoir besoin de retrouver ce qui lui est familier pour se détendre et recharger ses batteries.
Que faire si les difficultés d’adaptation persistent ?
Une rentrée difficile ne signifie pas nécessairement que l’école ne convient pas à votre enfant. L’adaptation peut prendre du temps. Les premières semaines peuvent être accompagnées de fatigue, de pleurs, d’irritabilité, d’un besoin accru de proximité ou de changements dans les habitudes de sommeil. Il est intéressant d’observer l’évolution au fil des jours plutôt que de tirer des conclusions à partir d’une seule journée.
En revanche, si les difficultés persistent, s’intensifient ou deviennent très envahissantes dans le quotidien de votre enfant, il peut être utile d’en parler avec l’équipe éducative et, si nécessaire, avec un professionnel qui pourra vous accompagner dans cette période.
Quelques livres sur le thème de la rentrée

Le Monstre des couleurs va à l’école — Anna Llenas
Une nouvelle aventure du personnage découvert dans La couleur des émotions. Le Monstre des couleurs va à l’école pour la première fois et ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Il traverse différentes émotions et peut compter sur son amie pour l’accompagner.
Mon avis : j’aime particulièrement cet album pour deux raisons. Il permet d’abord d’aborder les différentes émotions que peut susciter une grande étape comme la première rentrée. Il décrit également le déroulement d’une journée à l’école, ce qui permet à l’enfant de mieux se représenter ce qui l’attend.

Mon premier jour d’école — Debi Gliori et Alison Brown
Petit Hibou n’a pas envie d’aller à l’école. Il préférerait rester à la maison avec sa maman et son petit frère. Sa maîtresse lui propose différentes activités, mais il imagine que sa famille vit des aventures bien plus intéressantes pendant son absence. Petit à petit, il découvre pourtant qu’il peut prendre plaisir à l’école et y faire des rencontres.
Mon avis : cet album permet d’aborder à la fois la journée de l’enfant à l’école et ce que peuvent faire les autres membres de la famille pendant ce temps. C’est une bonne occasion de parler des différentes activités de chacun et de montrer que la séparation est temporaire : chacun va vivre sa journée avant de se retrouver.

Premier matin — Fleur Oury
Petit Ours va faire sa première rentrée des classes. Il redoute que ses inquiétudes deviennent réalité : oublier son cartable, ne pas avoir de copain… Son papa l’accompagne et l’aide à se représenter ce qui va se passer.
Mon avis : j’aime beaucoup la douceur de cet album. Les illustrations donnent une place importante aux regards, aux contacts physiques et à la complicité entre le parent et l’enfant. Le texte est relativement minimaliste et laisse beaucoup de place aux illustrations. J’aime particulièrement le trajet vers l’école : un moment privilégié pendant lequel le parent et l’enfant peuvent être ensemble avant la séparation. Une petite parenthèse qui peut permettre de se reconnecter avant une grande journée de nouveautés.
En résumé : comment préparer une première rentrée sereine ?
Avant la rentrée : parlez de l’école, lisez des histoires, permettez à votre enfant de poser ses questions et aidez-le à se représenter sa future journée.
Familiarisez-le avec son nouvel environnement : visitez l’école, regardez les photos, faites le trajet et repérez les lieux lorsque cela est possible.
Impliquez-le dans les préparatifs : choisissez ensemble certaines affaires et prévoyez, si l’école l’autorise, un objet familier.
Dans les jours qui précèdent : retrouvez progressivement un rythme de sommeil adapté et profitez de moments de proximité et de détente en famille.
Le jour J : accompagnez votre enfant, accueillez ses émotions et privilégiez une séparation claire et prévisible.
Après l’école : laissez-lui le temps de retrouver ses repères, de se reposer et de profiter de vos retrouvailles.
Parler de l’école, repérer les lieux, préparer progressivement le nouveau rythme et prendre le temps de se retrouver : autant de petits repères qui peuvent aider votre enfant à aborder sereinement cette nouvelle étape.

